La paix intérieure, laissez-moi rire. Une lubie de loyaux mystiques dévoués à un ordre de carton pâte. Je ne connais pas de paix et m'en réjouis. Ainsi, guerrier perpétuel, j'affûte ma lame, décide de l'ennemi du jour. Souvent, parce qu'il n'y a personne d'autre, que c'est plus facile peut-être, c'est moi. Je suis mon propre terrain d'expérimentation. Je déjoue des pièges par moi tendus, ce n'est pas si simple. Attenter à ma vie. Non, ce n'est pas le jeu. Bien sûr, j'y pense. Certaines nuits, je le fais. J'explore une nouvelle méthode, très complexe. Une organisation sans faille, une stratégie de bataille. Je monte au front. Quelle boucherie !
Lorsque mon adversaire n'est plus moi, je ne me veux plus que du bien, en longs massages d'huile me cajole. A voix haute me répète que je suis le seul maître en mon monde, et que cela est déjà bien. Je laisse mon peignoir pendu au clou et me vêts en cérémonie d'un jour ancien. Tout peut faire encore illusion. Mon temps de gloire ne cesse jamais d'arriver. Je suis mon héros, on n'est jamais mieux servi que par soi. Et si je ne peux sauver le monde, je me sauverai, moi. Même si pour cela je devais en sacrifier un autre.
Lorsque mon adversaire n'est plus moi, je ne me veux plus que du bien, en longs massages d'huile me cajole. A voix haute me répète que je suis le seul maître en mon monde, et que cela est déjà bien. Je laisse mon peignoir pendu au clou et me vêts en cérémonie d'un jour ancien. Tout peut faire encore illusion. Mon temps de gloire ne cesse jamais d'arriver. Je suis mon héros, on n'est jamais mieux servi que par soi. Et si je ne peux sauver le monde, je me sauverai, moi. Même si pour cela je devais en sacrifier un autre.
Extrait de : IL FALLAIT BIEN UNE VICTIME
Mathilde Tixier, 2008.
A l'occasion de l'exposition de certains de ses collages et pastels, des peintures de Tania Llinares et des collages de Céline Gallot à la Galerie-appartement ZIGLOO de Richard Laborier, Mathilde Tixier (Cercle Pan!) lit son texte Il fallait bien une victime en intégralité accompagnée par Automne Lajeat (violoncelle) et Michel Thiboult (piano et flûte) le mardi 19 mai à 20h. L'entrée est libre, la réservation nécessaire (places limitées) par mail à zigloo.art@gmail.com.
Crédits : haut, collage (techniques mixtes) Mathilde Tixier, bas, photo Franck Knight.
Mathilde Tixier, 2008.
A l'occasion de l'exposition de certains de ses collages et pastels, des peintures de Tania Llinares et des collages de Céline Gallot à la Galerie-appartement ZIGLOO de Richard Laborier, Mathilde Tixier (Cercle Pan!) lit son texte Il fallait bien une victime en intégralité accompagnée par Automne Lajeat (violoncelle) et Michel Thiboult (piano et flûte) le mardi 19 mai à 20h. L'entrée est libre, la réservation nécessaire (places limitées) par mail à zigloo.art@gmail.com.
Crédits : haut, collage (techniques mixtes) Mathilde Tixier, bas, photo Franck Knight.