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5.8.08

nos amis les hommes

Le lingchi est une pratique qui est apparue au début du Xe siècle, sous les Liao (907-1125). Cette peine sera appliquée de plus en plus à partir du XIe siècle, servant de mesure de répression contre des révoltes sanglantes. Le démembrement sera inscrit dans le code pénal pour des crimes graves sous la dynastie de Yuan (1271-1368). Jusqu’à son abolition par les Qing en 1905, il servait à punir trois sortes de forfaits : les crimes de lèse-majesté (haute trahison, complot contre l’Empereur, rébellion) ; les crimes familiaux (en Chine, l’autorité de l’Empereur est assimilé à celle du père de famille) ; les crimes atroces et inhumains (organisation de bandits pour faire régner la terreur, découpage des parties du corps d’une personne vivante).


Le terme lingchi ne s’applique pas à tous les démembrements, mais uniquement à ceux qui ont été légalement prononcés par un tribunal. Il est difficile de savoir exactement comment il était codifié et pratiqué avant les Qing.
Appelé aussi « peines des huit couteaux », cette peine consistait à séparer en public les membres du corps d’une personne vivante attachée à un poteau. Le bourreau utilisait huit couteaux qu’il sortait d’un panier. Avec le premier, il évidait les seins. Le deuxième lui servait à entailler les biceps alors que le troisième appliquait le même traitement aux cuisses. Les quatrième et cinquième couteaux étaient employés pour couper les bras au niveau du coude et les sixième et septième à trancher les jambes au niveau du genou. Le huitième couteau servait à trancher la tête ou porter un coup au cœur. Pour ceux qui pouvaient se le permettre, il était possible de s’arranger financièrement avec le bourreau pour que le coup de grâce survienne plus tôt. Les restes étaient jetés dans un panier et la tête pouvait être exposée en place publique.

Ce châtiment qui a horrifié les Européens n’avait pourtant rien à envier à certaine pratiques occidentales. Jusqu’en 1789, les crimes de lèse-majesté étaient punis en France par l’écartèlement entre quatre chevaux alors que les chefs de bandits se voyaient attaché sur une roue alors que leurs membres étaient brisés avec une barre en fer. En Angleterre, les condamnés étaient coupés en quatre (quartering). Les corps démembrés étaient aussi exposés en place public. Il fallu donc un siècle de plus à la Chine pour abolir ces peines cruelles bien que les lettrés y aient œuvré dès leurs origines.
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