vous êtes abonné parce que je suis un sauvage ou alors parce que vous le voulez bien.
s'il vous manque des épisodes, réclamez-les.
les personnages de la nuit noire sont fictifs. toute ressemblance avec votre famille est un sérieux manque de bol.
konsstruktVOUSaime.
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(gravure : jean-marc renault - jmr02.blogspot.com)
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25 : 09
La nuit, les démons allaient empoisonner tous les fils de pute de ma classe, élèves, professeurs, tous sans distinction. Des démons femelles allaient les baiser toute la nuit et les vampiriser, et leurs bouches à tous portaient la puanteur des chattes malsaines. Des démons males allaient les sodomiser, et d'autres démons allaient leur montrer leur mort afin de briser leur sommeil et de détruire leur paix. Toutes les nuits, je fantasmais là-dessus. J'avais énormément d'énergie à l'époque, énormément de haine. Peut-être qu'elle se manifestait sous une forme magique. J'avais peut-être des pouvoirs, peut-être que ma haine parvenait à atteindre tous ces enculés. J'avais déjà des rituels, même s'ils étaient rudimentaires. Je me masturbais chaque soir, pour invoquer les démons. Je conservais mon sperme dans un mouchoir, nuit après nuit. J'avais des phrases. Par mon sperme pourri, par mon sperme séché. Je disais ça. Que les démons les sodomisent. Qu'ils crèvent tous, tous, dans la souffrance et dans la peur. Que des serpents pénètrent dans leurs anus et leurs chattes. Je jouissais, nuit après nuit, dans le même mouchoir, qui prenait une odeur de sperme rance, de sueur et de moisir. Il était moite et poisseux. Je voulais qu'ils souffrent, et je voulais qu'ils meurent.
Je m'endormais souvent avec le mouchoir gluant de sperme pressé contre mon bas-ventre, et je rêvais. Mes rêves étaient morbides et désordonnés, remplis de violence. Le matin, je n'étais pas vraiment reposé. Dès le réveil, j'étais anxieux. J'avais des pensées dépressives, et envie de me branler tout le temps. J'observais les autres attentivement. Ma magie n'avait aucun effet visible. Peut-être qu'ils se sentaient plus mal, à cause de moi. Je l'espérais de tout mon cœur.
Nuit après nuit, je recommençais. J'avais l'impression de détruire le monde, une cellule après l'autre. J'étais naïf. Je fantasmais sur des filles. Anteros baisait ces filles, et moi aussi. Toutes ces pétasses de merde qui ne me lançaient même pas un regard durant la journée. La nuit, elles étaient à moi. Toutes les nuits.
26 : 08
Dans mon sanctuaire, quelquefois, je me suicidais aussi. Ou alors je me sacrifiais. C'était peu avant quatorze ans, peu avant la fin. Il m'arrivait de boire mon sang. Je priais les démons. C'était l'été. Il faisait une chaleur à crever, là-dedans. Les odeurs, décuplées, prenaient à la gorge et au front. Il me suffisait de respirer l'air chargé de merde et de pourriture, pour être saisi de nausées et de visions. Je vomissais et mes relents, qui se mêlaient à tout le reste, augmentaient l'intensité de mes nausées, en une spirale qui me coupait le souffle et me forçait à avaler encore plus de cet air empoisonné. La chaleur humide du sanctuaire plâtrait ma bouche, me collait à la peau, me bouchait chaque pore. Mon cœur ralentissait. J'avais l'impression de crever, et j'utilisais ce qui me restait de volonté pour ralentir encore mon rythme cardiaque. Je respirais de plus en plus lentement. Des nuages noirs éclataient sans bruit devant mes yeux. Les démons approchaient. J'entrais en transes. Les visions affluaient. Là, je me coupais. Je m'ouvrais le ventre, ou je me tranchais les veines. Avec la chaleur et toutes les bactéries, j'aurais pu mourir. Pour de vrai, pas comme ma mère. Les démons m'entouraient, me murmuraient des choses de leur voix empoisonnées. Anteros lubrifiait son sexe à l'aide de mon sang, et ensuite il me sodomisait. Ses éjaculations étaient de feu. Il me révélait l'avenir. Il me disait comment j'allais tous les tuer, et mourir, et finir en enfer, avec eux. Je l'écoutais. Il me déchirait. Il me rendait fou de plaisir. Il me baisait à fond. Il me parlait. Il me disait que si je faisais les choses comme il fallait, il serait avec moi tout le temps. Il me rendrait immortel, et je deviendrais sa chose. Quelquefois, il me baisait par la bouche, et sa bite de feu déversait des lames de rasoir dans ma gorge. Ses phrases entraient directement dans mon ventre. Ils me faisaient jouir, chacun leur tour. Anteros.
27 : 07
J'ai sacrifié les animaux seulement au cours de la dernière année. Avant ça, je les tuais simplement, comme ça venait, le plus souvent lorsqu'ils étaient pris au piège, en leur cassant le crâne avec une pierre, ou en leur ouvrant la gorge avec mon couteau. C'était un geste pragmatique, sans rien de planifié. Les sacrifices d'animaux ont découlé de l'automutilation. Je me découpais, j'écrivais sur mon corps avec le couteau, je buvais mon sang. Il était alors naturel que j'en fasse autant avec les proies. C'était un processus normal, un progrès. Mon premier animal sacrifié a été un chien que j'ai capturé vivant dans un jardin, et étranglé à l'aide d'un lasso jusqu'à ce qu'il perde conscience. Il a beaucoup aboyé, mais personne n'est venu voir. C'était en pleine nuit. Le risque était grand, et ce risque ajoutait à l'excitation. Je lui ai donné un somnifère. Je l'ai dilué dans de l'eau, et injecté au fond de sa gorge au moyen d'une seringue pour animaux. J'ai fourré le chien dans un sac et je l'ai emporté au sanctuaire. C'était le premier être vivant à y pénétrer, à part moi. Les insectes ne comptaient pas.
Je l'ai attaché à un pied de parasol. Il avait une posture ridicule. Les liens le retenaient par le cou, le poitrail et le bassin. Ses pattes étaient libres mais il ne pouvait pas faire grand-chose. Le mat était planté dans la fosse, au milieu de la viande pourrie. Je l'ai planté suffisamment profond pour qu'il ne se déracine pas. Le chien était dans un drôle d'état, à cause des sédatifs et de la strangulation. Il remuait lentement la tête dans tous les sens. Il emettait de façon sporadique un son grave et irrégulier, comme s'il gémissait au ralenti. Une bave mousseuse s'écoulait de sa gueule. Je suppose que l'odeur le stressait beaucoup.
Moi, j'étais nu. J'avais couvert ma peau d'une couche de viande pourrie presque liquide. J'avais vomi trois fois durant l'opération. Le sacrifice proprement dit pouvait commencer.
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