vous êtes abonné parce que je suis un sauvage ou alors parce que vous le voulez bien.
s'il vous manque des épisodes, réclamez-les.
les personnages de la nuit noire sont fictifs. toute ressemblance avec votre famille est un sérieux manque de bol.
konsstruktVOUSaime.
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le site artsolid a cessé d'exister.
les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles.
ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer.
vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne.
cette semaine, mise à mort, et pute.
pour le télécharger, cliquer ici :
http://www.leoscheer.com/spip.php?page=manuscrit-konsstrukt-mise-a-mort
http://www.leoscheer.com/spip.php?page=manuscrit-konsstrukt-pute
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(gravure : jean-marc renault - jmr02.blogspot.com)
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22 : 12
Vers treize ans, j'ai commencé à utiliser des couteaux dans le but de me couper. Je me plaçais face à la fenêtre de ma chambre. Les volets étaient ouverts mais avec la nuit très sombre, mon reflet était nettement visible sur la vitre. Je me masturbais tout en donnant de petits coups sur mon ventre ou sur d'autres parties de mon corps, avec la pointe. Mes tétons, mon cou. Le dessus de la main qui tenait mon sexe. Au fil du temps, j'allais plus loin. Je traçais des lignes verticales sur mon torse. Je tenais le couteau pour que mon gland vienne régulièrement se heurter à la lame, jusqu'au premier sang. J'éjaculais dessus, pour ensuite me couper le bras ou la cuisse, et faire couler une partie de mon sperme dans la blessure. Ma mère voyait les cicatrices, les croûtes, les plaies, mais elle ne m'en parlait pas. Nous ne discutions pas non plus de ses suicides. Nous avions nos propres façons d'encaisser l'horreur du monde, et nous faisions avec, chacun. Je ne supportais plus de faire l'amour avec ma mère. Ou d'être violé par elle. Je ne faisais pas vraiment la différence. Je ne supportais plus que nous soyons ensemble. Et la laisser, je ne pouvais même pas l'imaginer. Je me sentais coincé.
Certaines nuits, un peu avant la fin, je faisais glisser la lame du couteau sur son ventre. Elle ne se réveillait pas. Les somnifères. Moi aussi, j'étais défoncé. Je m'en remettais au hasard. C'était avant que je pense au rituel. Je me disais, si je suis trop défoncé, que ma lame glisse, ou que je tombe, je lui ouvre le ventre. Sinon, rien ne se passe. Une fois, j'ai perdu l'équilibre. Mon cœur a manqué un battement, j'ai écarquillé les yeux. La pointe du couteau a dessiné un trait. Ma main tremblait. J'avais à peine la force de continuer à le tenir. J'étais à genoux, mon cœur battait tellement fort que c'était douloureux. Le sang me bourdonnait aux oreilles.
23 : 11
La dernière année que j'ai vécue avec ma mère, l'année de mes quatorze ans, j'ai passé de plus en plus de temps au sanctuaire. Personne, même pas elle, n'en connaissait l'existence. Des années de viande morte y pourrissaient. Il y avait des ossements, maintenant, que j'avais utilisé pour décorer les murs. Les insectes étaient omniprésents. Le sol était entièrement recouvert de merde, de sang, de chair. On ne voyait presque plus la boue, en dessous. J'y entrais nu. J'y consommais du shit et des médicaments. Il m'arrivait de manger de la viande pourrie ou de boire du sang caillé, en petite quantité, pour intensifier les visions. Je traçais des cercles sur mon ventre, avec le couteau, ou des traits, le plus droit possible, le plus long possible, sur mes bras. Je buvais aussi mon sang. Je me masturbais beaucoup, jusqu'à l'inconscience. Quand j'en avais la force, je buvais mon sperme.
J'avais des visions très puissantes. Je voyais des morts et des démons. Je voyais des élèves de ma classe, morts dans le futur. Ils me racontaient leur mort et je baisais avec eux et aussi avec les démons. Parfois, les démons me possédaient. Je visitais l'enfer. Anteros. J'avais des transes violentes, au cours desquelles je manipulais la merde et la viande putréfiée. Je sculptais des idoles. Je priais les démons et les morts dans des langues que je ne connaissais pas. Je m'évanouissais souvent. L'atmosphère était empoisonnée.
La vision la plus forte que j'ai eu, à cette époque là, m'a directement concerné. Mon moi futur m'est apparu, déformé à force d'accouplements avec un démon. Il m'a ordonné de ne pas avoir peur de la mort, parce que la mort n'était pas pour moi mais seulement pour les autres. Après quoi, il m'a présenté le démon, et j'en suis tombé amoureux. J'ai gravé son nom sur mon ventre. Anteros. Il a léché mon sang et j'ai joui. Là où mon couteau avait tracé son nom, c'était sensible comme une chatte. Puis nous avons baisé.
24 : 10
Entre douze et quatorze ans, j'ai vu ma mère se suicider une dizaine de fois. Elle voulait mourir tout le temps. Sauf quand on faisait l'amour, et sauf quand elle était anesthésiée par les médicaments. Le reste du temps, elle me répétait que la vie était dégueulasse, qu'il n'y avait rien, rien du tout de bien, même pas moi, même pas nous deux, que si elle avait le courage elle m'aurait tué à la naissance, que maintenant c'était trop tard, qu'elle m'aimait, et qu'elle n'avait plus la force. Elle répétait qu'elle était une merde, qu'elle devrait avoir honte de montrer une telle faiblesse. On couchait ensemble, elle allait un peu mieux.
A peu près tous les deux mois, elle se donnait la mort. Chaque jour, elle essayait de résister. Mais des fois, pas assez. Alors elle se maquillait. Elle se maquillait toujours avant de mourir. Elle devenait incohérente, ça n'était plus la peine de lui parler. Elle n'entendait rien, hormis ce qui se passait dans sa tête. Elle riait par à-coups, ça me faisait penser à un animal. Elle pleurait brutalement. Moi, je m'enfuyais dans mon sanctuaire. Je ne voulais pas voir ça. Je l'avais vu une fois, ça m'avait suffi. Quand je rentrais, elle était allait mieux. Elle s'était tranchée les poignets, ou bien avait avalé du détergent et gerbé du sang pendant une ou deux heures. Elle n'était pas morte, en tout cas. Je l'aidais à nettoyer la merde ou le vomi qui souillait son lit, les objets cassés, le sang. Quand c'était terminé, elle me faisait un câlin, elle souriait, et on faisait l'amour. Nous étions tranquilles pour deux ou trois mois.
A chaque fois que je me réfugiais dans le sanctuaire, je me préparais à l'idée qu'elle serait morte à mon retour, mais à chaque fois j'étais déçu, et j'éprouvais de la culpabilité à l'être. Toujours les mêmes ambivalences. Toujours la même confusion. Dans le sanctuaire, au contraire, tout était pur. Anteros était pur. Même le sexe était pur.
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