
Plus encore qu'une consécration religieuse, le sacre des rois était une cérémonie initiatique. Elle présente d'autant plus d'intérêt que -- dans plusieurs sociétés secrètes -- l'intronisation du Grand Maître (ou Imperator) s'inspire de traditions analogues.
Le roi, associé au cosmos, bénéficie d'une puissance céleste ; si, lors de son avènement, on le considère encore dans le monde profane -- puisque placé sous un dais, une coupole, une voûte sacrée --, il est divinisé par le soleil, le feu céleste.
Tout le cérémonial du sacre s'axe sur les deux principes -- temporel et spirituel -- et gestes, paroles, incantations, lient le souverain, d'une part, à l'Eternel, d'autre part, au peuple.
La mission temporelle du roi s'exerce dans un esprit sacerdotal et, si le roi est investi des rites essentiels de la chevalerie, il reçoit aussi le manteau du diacre : il est un évêque temporel, gardien du droit, protecteur des faibles, véritable chef de famille.
La sainte ampoule contenait un saint chrème d'origine céleste dont Clovis et tous ses successeurs, jusqu'à Charles X, furent oints.
La sainte ampoule était conservée, depuis le sacre de Clovis, à l'abbaye de Saint-Rémi. Sur l'ordre du roi, quatre barons ou seigneurs de la plus ancienne noblesse devaient quérir cette sainte fiole afin de la mener jusqu'à l'église cathédrale. Ils portaient un costume de satin blanc, un manteau de satin noir ; leur écharpe de velours blanc était garnie de crépines et de franges. Le Grand Prieur leur passait au cou un ruban de soie noire, avec comme bijou une croix d'or émaillée anglée représentant d'un côté une colombe ayant dans son bec la sainte ampoule, au revers l'image de saint Rémi. D'abord otages, ces barons accompagnaient ensuite l'abbé de Saint-Rémi, qui , monté sur une haquenée blanche, portait le reliquaire dan slequel se trouvait la sainte ampoule. Ce moine montant à cheval évoque la survivance de l'esprit chevaleresque ou de l'Ordre des Templiers.
Le lever du roi est une purification, un sommeil, une léthargie, qui précède un changement d'état. Aussi bien le roi ne peut, de lui-même, ni se lever ni s'habiller : il lui faut une aide extérieure. Cet office est rempli par les membres d'une procession. Les deux prélats précédés du grand maître des cérémonies, assisté des chanoines du chapitre, de trois enfants de choeur portant des cierges allumés, du chantre, vont réveiller le roi. Le chantre frappe avec son bâton à la porte fermée, le grand chambellan, sans ouvrir, dit :
"Que demandez-vous ?"
L'évêque répond :
"Le roi."
Le grand chambellan répond :
"Le roi dort."
Le chantre frappe de nouveau, le prélat demande le roi et le grand chambellan répond pour la deuxième fois :
"Le roi dort."
A la troisième demande, après la même question, l'évêque ajoute :
"Nous demandons L... que Dieu nous a donné pour roi !"
Alors les portes s'ouvrent et les députés s'avancent vers le roi qui est couché sur un lit de parade, vêtu de rouge doré.
Ce sommeil n'est pas une mort, mais un repos léthargique. Tout le processus de l'intronisation du roi découle d'une initiation à une nouvelle naissance. Le roi meurt à sa vie d'autrefois pour renaître purifié, dans une vie plus sainte, où il reçoit un nom nouveau.
Les joyaux royaux, ou "regalia" étaient la couronne, l'épée, l'anneau, le sceptre, la main de justice, l'agrafe du manteau et le livre cérémoniaire.
La couronne est un symbole où s'exprime la personnalité juridique de l'Etat. Le peuple doit fidélité à la couronne, accessoirement à celui qui la porte. La couronne apparaît en Occident avec la consécration de Charlemagne. Jusqu'à la fin du IXe siècle, l'évêque élève à deux mains la couronne au-dessus de la tête du roi, et seuls les évêques faisant cercle autour du souverain la soutiennent.
Vers le milieu du Xe siècle, certains grands dignitaires sont admis dans le cercle et symbolisent le geste du peuple qui accepte et élève son roi.
Le roi, associé au cosmos, bénéficie d'une puissance céleste ; si, lors de son avènement, on le considère encore dans le monde profane -- puisque placé sous un dais, une coupole, une voûte sacrée --, il est divinisé par le soleil, le feu céleste.
Tout le cérémonial du sacre s'axe sur les deux principes -- temporel et spirituel -- et gestes, paroles, incantations, lient le souverain, d'une part, à l'Eternel, d'autre part, au peuple.
La mission temporelle du roi s'exerce dans un esprit sacerdotal et, si le roi est investi des rites essentiels de la chevalerie, il reçoit aussi le manteau du diacre : il est un évêque temporel, gardien du droit, protecteur des faibles, véritable chef de famille.
La sainte ampoule contenait un saint chrème d'origine céleste dont Clovis et tous ses successeurs, jusqu'à Charles X, furent oints.
La sainte ampoule était conservée, depuis le sacre de Clovis, à l'abbaye de Saint-Rémi. Sur l'ordre du roi, quatre barons ou seigneurs de la plus ancienne noblesse devaient quérir cette sainte fiole afin de la mener jusqu'à l'église cathédrale. Ils portaient un costume de satin blanc, un manteau de satin noir ; leur écharpe de velours blanc était garnie de crépines et de franges. Le Grand Prieur leur passait au cou un ruban de soie noire, avec comme bijou une croix d'or émaillée anglée représentant d'un côté une colombe ayant dans son bec la sainte ampoule, au revers l'image de saint Rémi. D'abord otages, ces barons accompagnaient ensuite l'abbé de Saint-Rémi, qui , monté sur une haquenée blanche, portait le reliquaire dan slequel se trouvait la sainte ampoule. Ce moine montant à cheval évoque la survivance de l'esprit chevaleresque ou de l'Ordre des Templiers.
Le lever du roi est une purification, un sommeil, une léthargie, qui précède un changement d'état. Aussi bien le roi ne peut, de lui-même, ni se lever ni s'habiller : il lui faut une aide extérieure. Cet office est rempli par les membres d'une procession. Les deux prélats précédés du grand maître des cérémonies, assisté des chanoines du chapitre, de trois enfants de choeur portant des cierges allumés, du chantre, vont réveiller le roi. Le chantre frappe avec son bâton à la porte fermée, le grand chambellan, sans ouvrir, dit :
"Que demandez-vous ?"
L'évêque répond :
"Le roi."
Le grand chambellan répond :
"Le roi dort."
Le chantre frappe de nouveau, le prélat demande le roi et le grand chambellan répond pour la deuxième fois :
"Le roi dort."
A la troisième demande, après la même question, l'évêque ajoute :
"Nous demandons L... que Dieu nous a donné pour roi !"
Alors les portes s'ouvrent et les députés s'avancent vers le roi qui est couché sur un lit de parade, vêtu de rouge doré.
Ce sommeil n'est pas une mort, mais un repos léthargique. Tout le processus de l'intronisation du roi découle d'une initiation à une nouvelle naissance. Le roi meurt à sa vie d'autrefois pour renaître purifié, dans une vie plus sainte, où il reçoit un nom nouveau.
Les joyaux royaux, ou "regalia" étaient la couronne, l'épée, l'anneau, le sceptre, la main de justice, l'agrafe du manteau et le livre cérémoniaire.
La couronne est un symbole où s'exprime la personnalité juridique de l'Etat. Le peuple doit fidélité à la couronne, accessoirement à celui qui la porte. La couronne apparaît en Occident avec la consécration de Charlemagne. Jusqu'à la fin du IXe siècle, l'évêque élève à deux mains la couronne au-dessus de la tête du roi, et seuls les évêques faisant cercle autour du souverain la soutiennent.
Vers le milieu du Xe siècle, certains grands dignitaires sont admis dans le cercle et symbolisent le geste du peuple qui accepte et élève son roi.