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27.6.03

Les casseurs de hype, y cassent de la hype : le pouvoir qui dort, qui se complait, et qui se branle. Qui est là. La célébrité est l'axe autour duquel tourne les casseurs. Qu'est-ce donc qu'il se passe ? Les casseurs sont eux-mêmes des branleurs qui dorment, qui se complaisent, et qui seuls, se branlent. Mais il n'y a pas vraiment de statu quo : les casseurs brisent le miroir, en s'humiliant, en humiliant, en étant là eux aussi.
Finalement, la hype, c'est tellement rien, et juste là, que ça en devient une évidence. Il y a une aura de vérité qui ressort de la hype, qui prétend être hype par sa seule médiatisation, voire par son simple narcissisme. C'est assez simple et tautologique, en fait (voir la starification via la télé-réalité).
La hype est donc à la fois abjecte, et porteuse de vérité. Bret Easton Ellis avait bien compris que le name-dropping se suffisait en lui-même, qu'il n'y avait rien à ajouter, pour décrire notre monde.
Et les casseurs portent l'attention sur cet aspect des choses. Sur l'irrévérence totale, dont on ne peut faire que preuve devant des gens, un peu plus cons que vous. Ou sur une révérence outrée, devant des gens, un peu plus friqués que vous. Sur le rapport névrotique et biaisé, que l'individu entretient avec le star- système, qu'il tend à contaminer.
La célébrité est le modèle (in)dépassable de notre société. À la fois fragile, en apparence, et extrémement solide, du fait de sa vacuité, de son vampirisme, ce modèle occulte maladroitement un certain vide existentiel, tout en accordant à tout individu son quart d'heure de célébrité (ou la célébrité comme moteur efficient de la démocratie, de l'aplanissement marchand des valeurs et des individus).
Tentant de vivre dans cette société du réceptacle, les casseurs organisent une conscience autour de ce vide (il n'est pas anodin que par exemple thth vienne du milieu de l'art contemporain, où le musée, véritable condition de cet art contemporain, incarne à lui seul, cet esprit du réceptacle, du vide, qui ne veut se penser que plein, qui donc ne se pense qu'à postériori, et qui rate ainsi son présent), et par conséquent accélèrent le processus historique du droit pour tous à la célébrité (bien résumé dans le concept flou de hype : qui l'est, qui ne l'est pas ?), au champagne, à la visibilité, et pointent du doigt les faux déterminants de la célébrité (en ce sens, les casseurs ne sont pas nihilistes, mais plutôt terminateurs) : la soit-disante destinée de la star n'est que l'histoire de son vouloir-en-être.
Ensuite, qu'y a-t-il au delà de la celebrité ? Dyonisos agonisant. L'inconnu, en fait. Dieu, peut-être. Nous-mêmes! Des enfants qui ne seront pas nos enfants et qui vénèreront d'autres dieux que Florent Pagny, Yves Adrien, Madonna, Xavier Faltot, Ivan Smagghe, Thierry Ardisson...
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