Ne laissons pas la hype mener la danse et les Casseurs devenir
leurs cavaliers

Laissons les avec leurs pas de deux
Passons au pas battu et bottons leurs le cul
Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent.
Les croûtes et les escarres de la lèpre ont écaillé
ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais pas l'eau des fleuves,
ni la rosée des nuages. Sur ma nuque, comme sur un fumier, pousse un
énorme champignon, aux pédoncules ombellifères. Assis sur
un meuble informe, je n'ai pas bougé mes membres depuis quatre
siècles. Mes pieds ont pris racine dans le sol et composent, jusqu'à
mon ventre une sorte de végétation vivace, remplie d'ignoble
parasite, qui ne dérive pas encore de la plante, et qui n'est plus
de la chair. Cependant mon coeur bat.
Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre
(je n'ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ?
(Isidore Ducasse)